Livres et vous

Quelques mois plus tard...




Les mois filent et je me rends compte que je n'ai pas posté depuis bien longtemps ici ! Je suis à l'aube d'une semaine de vacances qui commencent ce soir. Mes premières depuis le début de mon travail ! Ça passe drôlement vite !

J'ai eu tout le temps de mieux connaître mes collègues, et accessoirement mon métier. Je sais que j'ai encore beaucoup à apprendre, mais j'hésite déjà beaucoup moins sur un certain nombre de points, notamment des décisions à prendre sur la vie d'un livre.

On en voit tellement passer qu'au bout d'un moment on s'insensibilise un minimum, et on réserve sa capacité d'émerveillement à ceux qui en valent vraiment le coup.

Pas mal de turn over dans l'équipe aussi, mais le noyau central s'est fixé depuis janvier. Nous avons un tout nouveau collègue depuis aujourd'hui ("promotion" interne), un que j'appréciais déjà alors qu'il travaillait dans un autre rayon, donc tout va bien pour moi :) Tout le monde l'aime bien dans l'équipe, j'espère qu'il se sentira bien en librairie !

Sinon j'ai largement eu le temps de voir avec qui j'avais des affinités, et avec qui je n'en avais pas. Et c'est intéressant, même si au final peu surprenant, qu'avec chacun(e) de mes collègues j'entretienne une relation différente. Par exemple ma collègue M. qui s'occupe du pratique, on a "resserré" les liens grâce à la cuisine, elle me montre plein de livres de recettes qui lui plaisent, dont un que je lui ai acheté sur les petits gâteaux en tout genre, franchement sympathique !
Reste qu'il y a un collègue que je préfère aux autres (Et comme par hasard c'est le seul homme, vous me direz. !) En tout bien tout honneur, juré ! On s'entend bien, et il n'est pas dans le genre prude alors je peux lâcher tous mes sous-entendus fallacieux sans avoir peur qu'il en soit effarouché, il me roule d'ailleurs des yeux malicieux chaque fois que j'en sors une, et une bouille d'ange quand c'est lui qui le fait ("Moi dire un truc cochon, à l'instant ? Jamais !").

C'est mon premier boulot et je suis vraiment bien dedans, tant dans mon activité professionnelle que dans ma relation avec mes collègues proches. C'est vraiment agréable de se lever le matin et de savoir que la journée se passera bien, quels que soient les clients relous ou les remarques désagréables que nos chefs pourraient avoir à nous faire !
Non, l'entraide n'est pas un mythe, et personnellement je la pratique même si je sais que peut-être certaines de mes collègues (1 mec pour 4 filles auparavant, maintenant 2 messieurs !!) n'auraient pas cette gentillesse. Mais ça ne me dérange pas. Je le fais parce que j'en ai envie, ce n'est pas un concours de qui fera le plus, le mieux, etc !

J'aime mon travail, donc ! Et tant pis s'il ne me permet pas de rouler sur l'or. Je crois que le bien-être moral au travail n'a pas de prix ! Tant que mon travail me permet un toit, de quoi manger, et un minimum de loisirs qui me sont chers, le reste importe peu...

Et vous, quelles sont les priorités que vous accordez à votre travail ?

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Ca balance, ça balance...


Plus mon insertion dans l'équipe se fait, plus les langues se délient... j'apprends à connaître les affinités, et les petites haines discrètes. Je reconnais les modestes, les chevilles qui enflent, ceux qui ont su rester simples (avec ou sans grande culture), et ceux qui sont montés sur leurs grands chevaux, et qui se montrent méprisants face à ceux qui ont des goûts trop communs à leur idée.
C'est ainsi que je me suis rendue compte peu à peu qu'un de mes collègues avaient les chevilles particulièrement enflées. Il le cache bien, remarquez, mais quand je vois comment il parle d'un peu tout le monde, je me dis qu'il est non seulement aigri, mais drôlement imbu de sa personne pour ne voir ainsi que les défauts des autres ! Je commence même à me demander ce qu'il peut bien dire dans mon dos... cela dit, ça m'importe peu au final, car l'avis d'une personne qui ne sait voir que le pire chez les autres ne m'intéresse pas des masses.

J'apprends donc les inimitiés, et je me rends compte que dans ce monde-là non plus, la tolérance et l'ouverture d'esprit est un mythe pour certains. J'ai été plus qu'étonnée en discutant avec mon CS de constater que nous avions la même vision de la culture tous les deux : à savoir qu'il n'y avait pas à juger la culture des autres, qu'il n'y avait qu'une gigantesque masse où on pouvait piocher à son gré, et qu'il était bien malaisé et immodeste de la part de certains de pouvoir prétendre qu'une culture était meilleure qu'une autre, et de considérer ceux qui se contentaient d'une culture qu'on pourrait qualifier de "bateau" avec le plus infini des mépris.
A quoi rime cette attitude ? Est-elle constructive ? J'ai bien peur que non. Pourtant je connais nombre de gens qui se drapent dans leur savoir pour prétendre à la supériorité sur leurs entourages moins savants. A mes yeux la culture est faite pour ouvrir l'esprit, pour satisfaire des curiosités, émerveiller, forger une identité... et non pas pour former une élite qui n'aurait pour seul but dans sa vie que d'écraser la majorité ignorante de certaines subtilités.

Il serait faux de croire qu'il n'existe qu'une culture. Oui certes, la culture a plusieurs vitesses, et il serait idiot de mettre Léa Silhol et Bernard Werber dans le même panier. Mais pourquoi serait-il de bon ton pour les "intellectuels" de manifester de l'admiration pour la première, et du mépris pour le second ? Parce que la première est éditée par un indépendant et peu connu des majorités, tandis que le second est édité par un grand éditeur, et connu des "populaces" ? Foutaises...

Mais je dévie de mon sujet initial.
Je voulais vous parler de mes collègues qui balançaient sur d'autres. Le fameux collègue qui a des chevilles un peu trop enflées à mon goût, se permettant de dire d'un autre qu'il ne pouvait pas le supporter parce qu'il prenait tout le monde de haut sous prétexte qu'il saurait tout mieux que tout le monde : c'est idiot, mais j'ai cru entendre une auto-critique plutôt que le portrait dudit collègue en question. Ou comment transposer son propre cas sur les autres.
Mais encore une fois, malgré ces piques (dont certaines gratuites, mais qui sortent toutes de la même bouche donc je ne m'affole pas...) que j'entends, l'ambiance reste très saine au travail. Je me dis que ce fameux collègue qui ne trouve personne à la hauteur finira bien par dégager ailleurs, et trouver d'autres personnes à critiquer pour se défouler.

Je me suis surprise moi-même à critiquer légèrement une collègue devant notre nouvelle... on va utiliser des lettres sinon on ne va pas s'en sortir ! Donc la nouvelle, V. me disait que So. lui avait affirmé que le rayon jeunesse était le sien. Très surprise, j'ai répondu que non, pas du tout, que son rayon était tout ce qui était parascolaire, et que c'était S. qui s'occupait du rayon jeunesse. Ce à quoi, la très perspicace V. m'a rétorqué : ben alors pourquoi elle passe ses journées à s'occuper de jeunesse, pendant qu'elle accumule du retard sur son rayon (parce que je peux vous dire qu'elle en a, du retard... une semaine ou deux de cartons qui s'accumulent en réserve...) ? Je n'ai rien répondu à cette dernière question, mais je me suis fait violence... car la fameuse So. se fait mousser auprès des supérieurs dès qu'elle peut. Alors si je ne veux pas l'enfoncer outre mesure ce qu'elle mérite (on a loupé plein de ventes de classiques en parascolaire ces deux dernières semaines parce qu'elle a délaissé son rayon au profit des quantités de Noël... bien ou pas je n'en sais rien, mais pour moi ça a toujours été : on tient son rayon à jour et on aide les autres ensuite...), je ne veux pas non plus l'encourager dans sa façon de travailler. Je dis juste à V. que So. devrait boucler son rayon avant de faire du jeunesse quand bien même c'est du Noël, vu que maintenant V. est là pour soutenir S...
Je sais pas si je suis très claire. En tout cas V. a abondé dans mon sens. V. m'a l'air d'avoir du caractère, ça faisait pas une semaine que déjà elle avait un accrochage d'opinion avec un collègue qui connaît quasiment toute la librairie sur le bout des doigts (E. mon dieu !) sur la façon de travailler, que lui maîtrise sans aucun doute mieux qu'elle... Ca nous promet des jours heureux !


Et sinon pour en finir sur les balançages que j'ai eus cette semaine, une collègue en caisse que j'aime bien qui commençait à péter les plombs parce qu'un collègue la critiquait dans le dos sans lui dire les choses en face. Je pouvais effectivement confirmer car il était passé nous voir une fois en râlant sur son compte. Dommage qu'il n'ait pas le cran de faire ses critiques en face, ce serait tellement plus sain ^^ Enfin bon je lui souhaite de prendre une bonne colère dans la tête, ça le poussera peut-être à plus de sincérité pour les prochaines fois.


Pour faire simple et condensé, je me rends compte sans trop d'étonnement que mes collègues sont humains, et que sous le petit gilet de rigueur, chacun a son caractère, ses qualités et défauts, et qu'il faut apprendre à vivre avec tout un chacun en occultant ni le bon, ni le mauvais, sans déifier (trop tard pour E. pour moi ! - rire -), ni ne réduire qu'aux défauts.

Vous avez une solution pour les chevilles enflées, à part la glace ? Tété suggérait quant à lui Une bonne paire de claques (voir ci-dessous)...


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Du bonheur des quantités de Noël...



Eh oui, nous sommes mi-octobre, et je vous parle déjà de Noël. Figurez-vous que ce n'est pas une mince affaire, cette belle fête commerciale, où il s'agit de faire un maximum de chiffre possible !
Vous vous retrouvez subitement, avec vos collègues en réception, à devoir mettre en place palette sur palette, à se demander où vous allez pouvoir bien stocker tout ça...
Autant dire que ces derniers temps on abat un travail de titan, qui n'en porte d'ailleurs que le nom, car si j'en étais un, cela se saurait. Autant vous dire, également, que mon dos me le fait gentiment savoir, et que j'essaie de minimiser le port de cartons trop lourds, et que j'use et abuse de la gentillesse de mes collègues masculins sur ce point.

Bref, donc, nous avons installé un certain nombre de plots (j'ai dû regarder mon collègue BD le faire deux ou trois fois avant de piger, suffisamment pour ensuite le remontrer aux collègues DVDs qui galéraient comme des malades pour les monter, hi hi !), sur lesquels nous avons amassé autant que faire se peut des quantités, le tout par thème et bien présenté, tout un programme !

Jusqu'ici on tient la tête au-dessus de l'eau, pourvu que ça dure. Une nouvelle collègue va arriver dans les jours qui viennent, je ne serai plus la petite dernière de l'équipe (youh ouh !), sauf si elle débarque d'un autre magasin de la filière, bien évidemment... Je crois qu'on va encore bien s'amuser à mettre en place jusqu'à début décembre, et ajoutons à ça la clientèle qui commence à demander peu à peu des ouvrages et de conseils pour des cadeaux de Noël, ça va faire des journées très chargées qui vont passer à toute vitesse, et qui vont nous laisser lessivés, torchés sur le bord de la route de la vie.

Je sens moyennement bien les semaines de 42 heures qui s'annoncent, mais ça ne va pas durer si longtemps que ça, alors je tiendrai le coup.

Mon travail me plaît toujours autant, d'autant plus que maintenant je prends en main mon réassort, c'est autant de bonheur que de risque, mais pas de plaisir sans risque, parfois. Je commence à connaître mon fonds (surtout pour le loisir créatif, j'avoue que le voyage j'ai plus de mal !), alors le réassort se fait (se fera) tout seul à mesure des semaines qui vont passer...

J'y pense, il va falloir que je songe à vous créer des rubriques, parce que là, "Ma rubrique", c'est pas génial. J'en ai déjà une en tête, au sujet des clients, j'ai pas mal de perles qui s'accumulent avec les semaines qui passent...

A bientôt, fidèles lecteurs, et n'hésitez pas à laisser trace de votre passage, si mes écritures suscitent une quelconque réaction de votre part !

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Esprit d'équipe




L'esprit d'équipe... une notion qui, si l'on en croit les livres et les grandes lignes de management, fait fureur et marche très bien dans tout métier où une équipe est nécessaire pour mener un travail à bien.
Erreur !
Dans la théorie, c'est une bien belle idée, mais dans la pratique ! Comme beaucoup d'idées, au passage, mais j'y reviendrai sans doute plus tard (une note entière consacrée à mon CS, quel bonheur !) !
Bref, donc, l'esprit d'équipe, si cela ne reste qu'à l'état larvaire d'idée, sans être développé dans la pratique, eh bien c'est comme tous les beaux discours : du vent.

Quand je suis arrivée dans mon équipe, une de mes collègues m'a dit qu'elle, elle voyait l'esprit d'équipe ainsi : tant qu'une erreur pouvait être réparée, ça ne servait à rien de pointer du doigt le collègue qui l'avait faite, on la réparait, et au pire on lui signalait pour qu'il ne la refasse pas, mais on ne l'enfonçait pas. Mais tout le monde ne fonctionne pas comme elle. Et pour cause, c'est une belle idée, mais très difficile à mettre en place. Même moi-même qui suis totalement d'accord avec elle, je me rends compte que ça ne va pas être facile tous les jours.
Dans les trois défauts que j'avais sélectionnés pour mes entretiens, il y avait perfectionniste. Et ce n'est pas pour rien. J'apprends vite car je n'aime pas ne pas savoir, me tromper, et mal faire les choses. Seul hic, j'attends la même chose de mon entourage (haut niveau d'exigence envers moi-même, et donc envers les autres, ce qui n'est pas toujours un bien...). Donc je sens déjà que par moment je dois retenir une remarque parce que dans tel domaine je vais bien faire les choses, et pas untel. En notant au passage que ce n'est pas pour enfoncer la personne, mais simplement lui dire de faire gaffe, et d'éviter dans la mesure du possible de recommencer.

Donc, je me fais violence, et comme ma collègue l'a dit, tant que l'erreur est négligeable et qu'elle n'empêche pas de travailler correctement, je passe outre et continue mon petit bonhomme de chemin. Mais ces petits incidents sans trop d'importance ne font que me rappeler de manière aigue pourquoi je déteste par moment travailler en équipe : il suffit qu'il y en ait un qui fasse mal un truc pour que ça puisse retomber sur les autres. Hautement horripilant quand on sait que soi-même, on n'a rien à se reprocher...

Bref, donc, l'esprit d'équipe est une idée qui me plaît même si pas forcément aisée, de par mon caractère, à appliquer, mais je ferai de mon mieux pour ne pas faire ma maniaque et ma pointeuse de petits trucs sans importance.
Et encore une autre chose que je comprends dans cet esprit d'équipe : si jamais j'entends quelqu'un râler sur un coup de sang sur quelqu'un d'autre, je n'irai pas répéter. Parce que ça n'est pas constructif, et puis les coups de sang, ça arrive à tout le monde, ça passe aussi vite que c'est venu, inutile de rajouter une couche. Il n'y a apparemment pas de méchants ragots qui circulent dans cette boîte, et ce n'est pas avec moi que ça va commencer !

Et vous l'esprit d'équipe ? Idée en l'air, idée concrète et pratiquée au jour le jour ?

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Le fabuleux monde de la librairie


 

J'avais envie de commencer ce blog sur une note sujette à débat (pourquoi faire simple hein ?) et à répliques enflammées...
Le fameux débat sur les librairies indépendantes et les, comme on les appelle, "grandes surfaces du livre". Alors dedans vous mettez aussi bien le rayon librairie de Carrefour qu'une Fnac ou un Cultura hein, je précise, pourtant je pense que les deux derniers sont quand même un bon cran au-dessus. Enfin passons.
Donc, le fameux débat, avec les mythes qui entourent ces deux grandes sphères de la vente du livre (on ne mettra pas la vente par internet dans le débat, n'est-ce pas !).

Peut-être que le plus simple serait de commencer par les mythes qui entourent ces deux fameuses grandes sphères. Précisons avant d'aller plus avant que depuis la (merveilleuse et sans ironie !!!) loi sur le prix unique du livre mise en place par Jack Lang en 1981, la marge de manœuvre des grandes surfaces du livre s'est bien réduite, et a permis aux librairies indépendants de survivre ce qui est très bien pour la diversité culturelle de notre pays.

Les mythes maintenant, la façon dont les gens voient chacune des deux parties :
- Le libraire indépendant : une petite librairie, pas toujours très bien éclairée et souvent un peu poussiéreuse, avec un libraire dont je ne détaillerai pas le physique (mais souvent les gens s'imaginent un homme d'un certain âge, habillé de façon désuète, avec des lunettes en demi-lune sur le bout du nez), qui passe ses journées à lire en attendant le passage d'un client, et qui connaît chacun de ses livres sur le bout des doigts, et qui a des livres qui sont là depuis plus de six mois.
- La grande surface du livre : des "vendeurs", et non pas des libraires, qui ne connaissent pas leur fonds, qui vendent des livres pour l'essentiel de moins de six mois, et ce en masse, bref plus des commerçants que des libraires et qui n'y connaissent pas grand chose, avec des équipes qui changent souvent, qui plus est !

Alors on arrête là les préjugés, et on décortique le vrai du faux !
D'abord, le libraire indépendant n'a pas forcément une librairie minuscule, j'en connais certains qui ont des espaces plutôt enviables. Pareil en ce qui concerne l'éclairage et la poussière ! Je ne parle même pas des libraires, il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges, ce sur quoi on les retrouve c'est la passion du livre (ça, au moins, ce n'est pas un préjugé, mais une réalité, sinon la personne n'a rien à faire dans la librairie !!! Enfin du moins à mes yeux... car pourquoi vendre des livres si on pouvait aussi bien vendre des tomates ? Aucun intérêt !). Quant à la connaissance du fonds, eh bien... pour certains c'est amplement justifié, pour d'autres c'est totalement faux. Ca dépend de l'implication du libraire, s'il est maître en sa librairie, ou juste "conseiller de vente", un suppléant au gérant quoi. C'est variable, mais il serait faux de croire que dès l'instant où vous entrez dans une librairie indépendante, vous tomberez forcément sur une tête qui sait tout ! Et effectivement, on retrouve en librairie indépendante des ouvrages qui peuvent avoir plusieurs années !
Maintenant les grandes surfaces du livre... bien sûr je ne peux témoigner que de ce j'ai vécu, et jusqu'ici c'est peu puisque j'ai commencé le travail il y a presque trois semaines. Mais du peu que j'ai vu, je peux vous dire que les "conseillers de vente" sont autant libraires qu'un librairie indépendant, avec les mêmes connaissances (ou non connaissances, encore une fois ça varie d'un individu à l'autre, et non plus d'un lieu à l'autre...), et que pour la majorité de l'équipe avec laquelle je travaille, c'est le livre parce que c'est une passion, et pas parce que c'est juste un travail qui donne de quoi manger à la fin du mois ! Effectivement, la majorité des ouvrages vendus sont plutôt récents, mais une grande surface du livre a, comme une librairie traditionnelle, un fonds qu'elle garde et qui tourne tranquillement, après ça varie selon l'enseigne, sans aucun doute ! Les équipes peuvent effectivement changer assez vite, car pas mal de CDD sont pris, et les gens ont sans doute plus la bougeotte que dans une librairie indépendante (surtout quand on est le patron de ladite librairie, on ne risque pas d'en bouger, si tant est qu'elle tourne bien !). Mais mes collègues connaissent bien (voire très bien !) leurs fonds, ils font très bien leur travail, qui est le même que celui d'un libraire indépendant, à part que la surface est plus grande, et la façon de vendre légèrement différente...

Je voulais juste pointer du doigt les personnes qui s'imaginent que parce qu'on travaille avec "le diable" (car les "grandes surfaces du livre" sont forcément le diable, vu qu'ils ne pensent qu'à faire de l'argent avant toute chose), on est forcément un traître, ou qu'on n'y rien ou mal aux livres... c'est faux. Un de mes collègues suscite mon admiration parce qu'il connaît toute la librairie sur le bout des doigts (et vu le flux et la surface, je peux vous dire qu'il mérite le respect !) ! Oui, les façons de travailler sont clairement différentes, on fait partie d'une chaîne, et le challenge commercial n'est pas le même. Mais sur le fonds, au final, ça revient au même, quand je vois les débats endiablés de mes collègues sur tel et tel bouquin, que limite ils en sont à se disputer parce que l'un le trouve génial et pas l'autre... on ne ferait pas mieux dans une librairie traditionnelle.


Donc stop aux préjugés ! Il y a de mauvais libraires en librairie traditionnelle comme en grande surface du livre. Le lieu de travail ne fait pas la qualité culturelle et commerciale de vente d'un ouvrage. Je m'en suis très largement rendue compte depuis que j'ai commencé à travailler là où je suis. Après, j'ai peut-être de la chance d'avoir une super équipe, et qu'ailleurs ce n'est pas du tout comme ça, comment savoir ? J'ai eu l'occasion de côtoyer plusieurs librairies traditionnelles, et une seule "grande surface du livre" (celle où je travaille en ce moment), mon équipe actuelle bat à plates coutures celles que j'ai pu connaître tellement elle est soudée, travailleuse, rigolarde (ça n'empêche pas les frictions, mais ça n'est pas les ragots à tour de bras que j'ai pu connaître ailleurs...), elle maîtrise ses rayons et fait au mieux pour ses clients.

Enfin, et dernier coup de gueule pour cette longue introduction à la librairie telle que j'ai eu l'occasion de la côtoyer, ne pas oublier qu'au final, l'un dans l'autre, c'est la clientèle qui fait vivre l'enseigne, qu'elle soit indépendante ou issue d'une grosse boîte. Or, la clientèle, c'est un échantillon large de population. Il serait totalement faux et absurde de croire qu'on passe son temps à philosopher avec des clients sur la valeur de tel ou tel livre à longueur de journée. La réalité est toute autre... entre la mise en rayon, le conseil client (où la personne vous demande juste "où je peux trouver ça ?" et n'a pas besoin de vos conseils), les commandes clients à donner sans autre forme de procès, en réalité vous avez quelques clients par jour (quand vous avez de la chance) à conseiller véritablement en vous faisant plaisir. Les autres savent ce qu'ils veulent, et dans une grande partie des cas, ça ne fait pas partie de vos lectures personnelles. S'abstenir de juger (On peut sourire parfois, quand même, personnellement les femmes d'âge bien mûr permanentées et maquillées à outrance qui viennent me voir pour du Danielle Steel ça me fait toujours un peu sourire !), renseigner au mieux... il n'y a rien qui me fasse plus plaisir qu'un client satisfait. Et un client satisfait, c'est très souvent souriant, un brin blagueur... et ça revient !


Voili voilou, je voulais éclaircir certains points que les personnes extérieures au métier pourraient s'imaginer à tort, et encore je n'ai fait que toucher au sujet, et nombre de points sont encore obscurs à mes yeux (j'ai médité sur les zones chaudes et zones froides aujourd'hui... les intrigués me demanderont ce que c'est en commentaire !) ! Je n'ai pas la science infuse, ce n'est que mon modeste avis, mais j'aimerais que parfois, les gens arrêtent de mettre des étiquettes, et ne voient que l'essentiel : la passion du métier, peu importe où et dans quelles circonstances elle est pratiquée.

C'était le mot de la fin, la parole vous appartient !

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Premier article


MaBulle

Bienvenue sur mon blog !

Ceci est mon premier article, et j'espère bien pas le dernier !

Il a pour but de raconter de qui m'arrive dans ma vie professionnelle, c'est-à-dire le monde du livre, dans ce qu'il a de meilleur et de pire, de vous faire partager mes coups de cœur et mes coups de gueule.

Je vous espère, non pas nombreux, mais intéressés pour ceux et celles qui se seront égarés ici pour une raison ou une autre...

Si vous souhaitez me poser une question ou obtenir une information, vous pouvez me contacter quand il vous plaît.

A Bientôt !

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